Cet article ne compare pas des offres. Il vous propose un exercice : faire l'inventaire de ce que vous possédez réellement aujourd'hui.
La bonne question n'est pas « quelle formule choisir ». Elle est « que restera-t-il entre mes mains le jour où je voudrai partir ». Et cette réponse-là, beaucoup de dirigeants du secteur ne la connaissent pas.
L'inventaire, en cinq minutes
Prenez votre dernière facture de prestataire web et répondez à ces quatre questions. Sans deviner.
1. Le nom de domaine est-il à votre nom ?
Pas « au nom de la société qui gère », pas « je crois ». Au nom de votre entreprise, comme titulaire déclaré. Ça se vérifie en trente secondes sur n'importe quel annuaire de noms de domaine.
Si le titulaire est votre prestataire, il détient votre adresse. Vous ne pouvez ni la transférer ni la garder si vous partez. Des années d'ancienneté et tous vos documents imprimés dépendent alors d'un tiers.
2. Avez-vous accès aux fichiers ?
Un accès à l'hébergement, de quoi récupérer les pages. Si la seule porte d'entrée est un espace client où vous modifiez du texte dans des cases, vous n'avez pas le site. Vous avez une interface qui l'affiche.
3. Vos textes existent-ils ailleurs ?
Prenez une phrase de votre page d'accueil, mettez-la entre guillemets dans Google, cherchez. Si elle ressort sur les sites d'autres sociétés d'ambulance avec juste le nom et le département changés, vous partagez votre contenu avec vos concurrents.
Ce n'est pas un détail. Face à des pages jumelles, un moteur de recherche en retient une seule, en général la plus ancienne. Les autres n'existent pas. Vous payez pour être invisible.
4. Que se passe-t-il si vous arrêtez de payer ?
Relisez le contrat. Dans beaucoup de formules à abonnement, la réponse est simple : le site s'éteint. Pas « vous perdez le support ». Il disparaît, avec ses pages et son référencement.
Ce n'est ni caché ni illégal. C'est la nature d'une location, et une location peut très bien convenir. Encore faut-il savoir qu'on loue.
Pourquoi le secteur santé reçoit tant de démarchage
Ce n'est pas un hasard. Les professions réglementées sont nombreuses, dispersées sur tout le territoire, et rarement disponibles pour s'occuper de leur communication.
Un prestataire qui a construit un moteur peut le décliner des centaines de fois en changeant trois variables. L'économie est excellente pour lui. Pour vous, elle signifie que votre site ressemblera à celui de la société d'à côté, parce qu'il en est la copie.
Ce n'est pas malhonnête. C'est un modèle, avec un avantage réel : vous n'avez rien à faire. L'ennui commence quand on croit acheter une différenciation alors qu'on achète une standardisation.
Si vous êtes déjà engagé quelque part
N'appelez pas pour résilier dans l'heure. Faites plutôt ceci, dans cet ordre.
- Récupérez le domaine d'abord. Demandez le transfert à votre nom, par écrit. C'est la seule chose vraiment irremplaçable.
- Sauvegardez vos textes et vos photos. Un copier-coller dans un document suffit.
- Notez les pages qui remontent. Si certaines apparaissent bien sur Google, elles devront être reproduites à la même adresse ou redirigées correctement.
- Ne coupez qu'ensuite. Un site qui disparaît avant d'être remplacé fait perdre plusieurs mois.
Quand la location est le bon choix
Il faut le dire, parce que c'est vrai plus souvent qu'on ne l'admet dans mon métier.
Si vos véhicules tournent, que vos transports sont assurés, et que vous voulez seulement une page correcte pour que ceux à qui vous donnez votre carte vérifient que vous existez, une formule à abonnement fait très bien ce travail. Ne payez pas pour du sur-mesure dont vous n'avez pas l'usage.
Le sur-mesure se justifie quand vous attendez du site qu'il aille chercher quelque chose : des donneurs d'ordre, une place dans votre département, des transports programmés. À ce moment-là, un contenu partagé avec trente confrères ne peut pas fonctionner.
Une seule chose à retenir
Quelle que soit la formule, exigez une réponse écrite à une question : le nom de domaine est-il déposé à mon nom ?
Un prestataire qui répond oui sans hésiter vous laisse libre. Un prestataire qui explique pourquoi c'est « plus simple comme ça » vous dit que vous ne partirez pas facilement.

